La vigueur de l’agneau à la naissance, c’est sa capacité à aller téter seul  et rapidement le colostrum maternel. Or, en France, environ 10 % du taux de mortalité total des agneaux est attribué à un défaut de tétée[1]. Différentes études menées notamment au Royaume-Uni et en France convergent pour affirmer que la vigueur de l’agneau influence sa survie, que cette vigueur à la naissance est héritable et qu’elle est influencée par la nutrition maternelle. La sélection sur la vigueur de l’agneau et une alimentation des mères équilibrée en fin de gestation sont deux leviers majeurs pour diminuer  la mortalité des agneaux.

Dans les études réalisées, en plus du poids de naissance, trois critères de vigueur de l’agneau sont notés : la facilité de naissance avec d’éventuelles difficultés à l’agnelage, l’activité à la naissance avec la faculté de l’agneau à se lever plus ou moins rapidement,  et enfin, le fait qu’il ait bu seul le colostrum dans les deux heures qui suivent la naissance. Grâce à cette méthode, utilisée en élevage, l’intérêt de sélectionner sur vigueur pour améliorer la survie des agneaux a été démontré[2] : les critères de vigueur sont plus héritables que la mortalité. Ces critères peuvent aussi être utilisés en élevage pour sélectionner les agnelles de renouvellement. Selon 85 % des éleveurs sélectionneurs  qui ont participé à  cette étude sur la sélection génétique, la pesée des agneaux à la naissance et les notations de vigueur prennent moins d’une minute par agneau.

Le rôle majeur de l’alimentation

Evaluer la vigueur des agneaux a aussi permis de mettre en évidence l’importance de bien couvrir les besoins alimentaires des brebis les 6 dernières semaines de gestation[3]. Selon cette étude, des brebis doubles en déficit alimentaire de 20% présentent 9% d’agnelage difficile en plus, un poids des agneaux réduit à la naissance de près de 700g, 30% d’agneaux peu actifs à la naissance en plus, 20% d’agneaux qui n’apprennent pas à téter spontanément en plus, … Au final, cela se traduit par plus de 6% de mortalité supplémentaire !

Maîtriser les apports d’aliment complémentaire des brebis à cette période critique est donc primordial. Idéalement, cela nécessite de peser systématiquement les seaux d’aliments, ce qui est difficilement réalisable en élevage. Une astuce d’un éleveur italien, simple et peu couteuse, consiste à calibrer les seaux pour chaque type de concentré. Cette astuce permet d’adapter finement la complémentation des animaux même lorsqu’ils sont au pâturage ou en plein air. Retrouvez la video de présentation de cette astuce sur https://eurosheep.network/fr/node/182

seau calibré

Cette astuce est une des 73 astuces collectée par le réseau SheepNet. Retrouvez-les sur le site sheepnet.network/fr.

Dominique François, INRA


[1] Etude MASSIF (2013), porté par le CIIRPO, financé par France AgriMer et la Région Massif Central

[2] Etude SELVIGA-SELVIGAGNE (2018), porté par Pôle Ouest, financé par France AgriMer

[3] Etude VIGAGNO (2018) porté par FEDATEST, financé par France AgriMer