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Les besoins alimentaires des brebis à des moments clés dans le cycle de production

Nom de la fiche technique: Comprendre les besoins alimentaires des brebis à des moments clés dans le cycle de production

Besoin/enjeu : une bonne conduite alimentaire de la brebis pendant son cycle de production permet d’atteindre des bons indices de performance. La connaissance des besoins alimentaires favorisera la mise en place d’une alimentation ciblée aux différents stades du cycle de production des brebis.

Introduction :

Une bonne conduite de l’alimentation est essentielle pour garantir la productivité et la santé de la brebis et de ses futurs agneaux. Les besoins peuvent être gérés à 4 étapes clés dans le cycle de production de la brebis :

  • Du sevrage à la mise en lutte
  • De la mise en lutte à la fin du troisième mois de gestation (début de gestation)
  • Les deux derniers mois de gestation (fin de gestation)
  • De la mise-bas au sevrage

Du sevrage à la mise en lutte

Il s’agit du meilleur moment pour amener les brebis à la bonne note d’état corporel (NEC) en préparation de la lutte. Choisir le bon moment pour sevrer est primordial pour permettre la récupération de la NEC avant la lutte : prévoyez donc au minimum 10 semaines. Evaluez la NEC au sevrage et dans l’idéal, séparez les brebis par groupe afin de cibler l’alimentation : maigre, en état, grasse.

Exigences pour la notation – sevrage à la mise à la reproduction
Races de plaines — viser 70 kg à la mise en lutte 0.5 1.0 1.5 2.0
Gain moyen requis après 100 jours (kg) 3.5 7.0 10.5 14.0
Besoins en énergie métabolisable (ME) pour les GMQ (en MJ) 3.5 7.0 10.5 14
Besoins en énergie métabolisable (ME) à l’entretien (en MJ) 8.4 8.4 8.4 8.4
Besoins quotidiens totaux en énergie métabolisable (MJ) 11.9 15.4 18.9 22.4
Besoins en herbe (en kg de MS) 1.19 1.54 1.89 2.24*

Notes : NEC 1 = 10 % du poids corporel de la brebis, 1 kg de MS d’herbe = 10 MJ d’énergie métabolisable (ME), l’entretien représente environ 12 % du poids corporel *100 jours ne suffisent pas aux brebis pour gagner deux points d’EC, car elles n’arrivent pas à assimiler le taux de MS requis par jour. Il faudra plus de temps et distribuer plus de concentrés et de fourrages à haute valeur énergétique.

Il peut être intéressant de déterminer les besoins en parallèle de la conduite prairiale. Pour s’assurer que ces objectifs soient atteints, veillez à donner la bonne quantité d’herbe et de fourrages au troupeau. Pour cela, le pâturage tournant peut être une solution intéressante.

De la mise en lutte à la fin du troisième mois de gestation

À ce stade, les brebis devraient avoir le score espéré et être nourries de manière à le maintenir pendant 90 jours, ce qui garantira la fixation et la survie des ovules fécondés. Évitez tout changement trop brusque dans la conduite du pâturage ou de l’alimentation, ainsi que toute manipulation inutile au moins un mois après le retrait du bélier.

Race Race de plaines (60-80 kg) Races de collines (40-60 kg)
NEC visée 3.0-3.5 2.5
ME à l’entretien (MJ/jour) 7.2-9.6 4.8-6.0
MS d’herbe ou de fourrage alloué (kg de MS à 10 MJ en ME/kg de MS) 0.72-0.95 0.48-0.60

Une échographie effectuée autour du 70e jour de gestation (fourchette de 40 à 90 jours) facilite la mise en place de plans d’alimentation en fin de gestation. Il s’agit aussi d’un bon moment pour réévaluer la NEC et écarter les brebis vides. Elle permet également de séparer les brebis portant des triplés ou des jumeaux pour une alimentation et une conduite précoce et préférentielle.

Les deux derniers mois de gestation

Environ 75 % de la croissance du fœtus se déroule dans les derniers stades de la gestation. Durant cette période, la brebis aura des besoins en protéines et en énergie plus élevées, donc nécessitera un aliment de qualité. Les brebis doivent être groupées pour l’alimentation par taille de portée, par NEC ou par couleur de marquage. Il est nécessaire d’avoir un bon accès à la nourriture pour réduire la compétition et de fournir un fourrage de qualité à volonté.

D’après les informations actuelles et le consensus d’un groupe d’experts du secteur britannique, les préconisations de l’AFRC (1993) en matière d’énergie et de protéines sont à appliquer pour les brebis en fin de gestation. Cependant, elles sont à considérer comme des attentes minimales. Les tableaux ci-dessous des besoins en ME et MP se trouvent en pages 28 et 29 du planning d’alimentation publié par l’AHDB « Nourrir la Brebis » (en anglais).

Tableau 8 : besoins en protéine métabolisable (g/jour) des brebis en bergerie (sur la base d’une ration de 11 MJ/kg MS, en partant du fait qu’aucune brebis n’a perdu de poids (AFRC, 1993)  Notes : pour les brebis en extérieur, augmenter les besoins en EM de 0,11 MJ pour 10kg de poids vipour les races de plaines et de 0,24 MJ pour 10 kg de poids vif et les races de montagne. ^Ajouter 2,5 MJ d’EM pour les brebis prenant 50g/jour 

Tableau 9 : besoins en protéine métabolisable (g/jour) des brebis en bergerie (sur la base d’une ration de 11 MJ/kg MS, partant du principe qu’aucune brebis n’a perdu de poids (AFRC, 1993)  

Notes : *Ajouter 7g de PM pour les brebis prenant 50g/jour Ces besoins sont établis en fonction du poids de la brebis, sa NEC, la taille de sa portée et tout ajustements en fonction du poids de la brebis.

Lors de la préparation des rations, d’autres facteurs doivent être pris en compte pour veiller au bon apport en énergie et en protéines :

  • l’âge des brebis
  • le type de fourrages et sa qualité : nécessite une analyse en laboratoire
  • La valeur alimentaire des suppléments mis à disposition
  • La fréquence et l’heure de distribution
  • Les types de ration, par exemple les rations Totales Mélangées (RTM)
  • L’accès et le lieu dédié à l’alimentation
  • Les effets du milieu, y compris la tonte d’hiver

Le fourrage étant l’aliment principal de la ration, il est nécessaire de l’analyser avant d’établir la ration. Les apports doivent être contrôlés et les rations ajustées en conséquence. Afin de maximiser l’apport et réduire le besoin en concentrés, il faut s’assurer de la bonne qualité des fourrages.

De la mise-bas au sevrage (Lactation)

Après l’agnelage, le rendement laitier augmente rapidement pour atteindre un pic 3 à 4 semaines après le début de l’allaitement. De plus, les besoins en nutriments doublent pour répondre aux exigences de la production laitière : la brebis entre dans un bilan énergétique négatif, car elle est incapable de répondre à ses besoins à travers sa consommation d’aliments.

À ce stade, il est important de surveiller la NEC des brebis et la croissance des agneaux. Planifiez le pâturage pour l’allaitement et surveillez la hauteur de l’herbe et les kg de MS par ha disponibles, afin de complémenter si nécessaire.

Rationnez au moins en fonction des besoins en ME et en MP (AFRC 1993). Des estimations de la production laitière sont fournies par l’AFRC en fonction de la race, du nombre d’agneaux et du mois de lactation. Les prévisions de rendement laitier ainsi que les besoins en ME et en MP sont disponibles aux pages 45 et 46 du document AHDB « Nourrir la Brebis » (en anglais).

Sujet: Alimentation

Production : Viande

Catégorie animale : brebis

ADHB Feeding the Ewe

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