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Connaître les besoins alimentaires des agneaux à l’engraissement

Approche théorique : quels sont les besoins énergétiques et protéiques des agneaux après sevrage ?

Les besoins des agneaux peuvent être différenciés en 2 catégories : les besoins d’entretien (variables selon le poids vif des animaux et l’environnement) et les besoins de production (variables selon les performances de croissance attendues).

Besoins énergétiques

Les besoins énergétiques des agneaux à l’engraissement sont exprimés en Unité Fourragère Viande : 1 UFV représente la valeur énergétique d’un kilogramme d’orge de référence (soit 1760 kcal d’énergie nette).

Le besoin énergétique d’entretien est évalué à 0,018 UFV/kg de poids vif. Le besoin énergétique pour 1 kg de gain est évalué à 2 UFV. Ainsi, pour un agneau dont le GMQ est de 250 g/j, celui-ci aura besoin de 0,5 UFV/jour.

Poids agneaux (kg)

Croissance (g/jour)

Matière sèche potentiellement ingérée (kg MS/jour)

Énergie métabolisable (MJ/jour)

20

250

0.8

10

30

250

1.2

13

40

250

1.6

16

Protéines digestibles

Les besoins en azote des agneaux sont exprimés en PDI (protéines digestibles dans l’intestin grêle).

Le besoin protéique à l’entretien est estimé à 1,6 PDI/kg de poids vif Le besoin protéique pour 1 kg de gain est de 267 g de PDI. Pour un agneau dont le GMQ est de 250 g/j, celui-ci aura besoin de 67 g de PDI.

Poids agneaux (kg)

Croissance (g/jour)

Matière sèche potentiellement ingérée (kg MS/jour)

Protéines digestibles (g/jour)

20

250

0.8

110

30

250

1.2

114

40

250

1.6

119

Toutefois, si le régime alimentaire est un peu limitant en azote pour des agneaux à gros besoins, l’animal est capable de rectifier en recycler une partie des rejets azotés.

Ingestion

Dans les régimes très riches en concentrés, où l’aliment est distribué à volonté, la matière sèche ingérée ramenée au poids vif dépendra de la croissance de l’animal. Avec ces régimes, les agneaux présentent une régulation métabolique qui conduit à une réduction de leur ingestion pour maintenir une quantité d’énergie ingérée constante, et non une régulation physique liée à l’encombrement de la ration.

En pratique : les valeurs alimentaires idéales d’un aliment pour les agneaux de bergerie

Pour disposer d’une formulation d’aliment du meilleur rapport qualité/prix, un indice de consommation correct et des qualités de carcasses qui correspondent à la demande de la filière nous avons défini les valeurs alimentaires « idéales » d’un aliment concentré complet et équilibré. Cet aliment concentré doit être associé, lors de la distribution, avec de la paille ou un foin grossier pour garantir un bon apport de fibres et un fonctionnement ruminal.

Les composantes alimentaires sont les suivantes :

  • Valeur énergétique : entre 0,9 et 1 UFV par kg brut (poids à l’état frais). (1UFV = 1760 kcal d’énergie nette) ou en Mégajoule : entre 10,3 et 11,4 par kg brut (poids à l’état frais), ou 11,9 et 13,2 par kg de MS.

Pour des régimes riches en concentrés, l’agneau régule de lui-même sa consommation en concentré en fonction de la valeur énergétique de l’aliment (régulation métabolique). Plus l’aliment est énergétique, moins il en ingère quotidiennement. La valeur énergétique des aliments complets oscille entre 0,85 et 1,05 UFV (9,7 -12,0 MJ de PDI (poids à l’état frais) ou 11,2 -13,9 MJ de PDI (MS)) Pour comparer deux aliments, il est donc indispensable de calculer leur coût ramené à l’UFV. S’ils présentent le même niveau d’azote, l’aliment qui affiche l’UF le moins cher est le plus intéressant.

  • Protéines digestibles : 100 g de PDI par kg brut

Les besoins en azote sont exprimés en PDI (protéines digestibles dans l’intestin grêle). Un aliment dosant 100 g de PDI par kg brut conduit aux mêmes résultats qu’avec 110 g ou 120 g de PDI.

  • Pour un mélange standard pour des agneaux à l’engraissement, le taux de protéines brutes doit se situer entre 14 à 16 % et être distribué à volonté.

  • Minéraux et vitamines :

Ces éléments sont à équilibrer selon les aliments utilisés. Dans les rations à base de concentrés, les agneaux mâles sont particulièrement sujets à la lithiase urinaire en raison de la présence de phosphore. Le ratio Ca:P recommandé est de 2:1, et idéalement 3:1 chez les races à risque (Texel). L’apport de magnésium ne doit pas dépasser 2,3 g/kg MS. L’apport de 0,5 % de chlorure d’ammonium limite les risques de lithiase urinaire (ou gravelle). Cet additif n’est pas autorisé en agriculture biologique. Des mesures supplémentaires consistent à assurer un bon accès à l’eau ajouter 1,5 % de sel dans la ration (Na total environ 6 g/kg MS).

Sujet : Alimentation

Production : Lait

Catégorie animale : agneaux

Comment la mettre en place :

Ces valeurs alimentaires peuvent être obtenues avec des mélanges fermiers ou des aliments complets. Pour ces derniers, il n’y a pas d’obligation réglementaire à ce que ces valeurs soient indiquée sur l’étiquette ou le bon de livraison de l’aliment. Il suffit alors de les demander au technico-commercial. Ces aliments concentrés doivent être associés, lors de la distribution, avec de la paille ou un foin grossier pour garantir un bon apport de fibres et un fonctionnement ruminal.

Bénéfices attendus :

Le meilleur compromis entre le coût de l’aliment, l’indice de consommation et les qualités de carcasse des agneaux.

Prérequis et/ou limites :

Ce niveau azoté n’est préconisé que pour des agneaux à forts potentiels de croissance.

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